Durres est une ville albanaise sur la côte adriatique, à seulement 33 km à l’ouest de Tirana, et elle mérite bien plus qu’une simple escale. Deuxième ville d’Albanie avec environ 210 000 habitants dans son agglomération, Durres concentre en un seul endroit des plages accessibles, des ruines antiques parmi les mieux conservées des Balkans, et un port vivant ouvert sur l’Italie.
Voici ce que vous trouverez dans ce guide :
- les 10 sites et expériences à ne pas manquer à Durres
- les meilleures plages selon votre profil de voyageur
- l’histoire complète de la ville, de sa fondation grecque à aujourd’hui
- des conseils pratiques pour s’y rendre, s’y loger et organiser son séjour
Que vous prépariez un week-end depuis Tirana ou une étape dans un road trip balkanique, ce guide vous donne toutes les clés pour partir sereinement.
Durres en bref : où se trouve la ville et pourquoi elle est incontournable
Durres se situe sur une petite péninsule de la côte adriatique, dans le centre-ouest de l’Albanie. La ville est le chef-lieu de la préfecture du même nom et affiche une superficie de 38,1 km² pour une densité d’environ 2 670 habitants/km².
Sa position géographique en fait un carrefour naturel. Elle est à environ 200 km de Brindisi, en Italie, ce qui explique l’importance historique de son port. Durres est accessible en 30 à 45 minutes depuis l’aéroport international de Tirana, ce qui en fait une base idéale pour explorer le littoral albanais.
La ville combine trois atouts rares en Méditerranée : un patrimoine antique exceptionnel, des plages de sable accessibles et une vie urbaine animée à prix doux. C’est ce qui en fait une destination en forte croissance auprès des voyageurs européens.
Que voir à Durres : les sites antiques et monuments à ne pas manquer
Durres est l’une des villes les plus anciennes des Balkans. Ses 2 600 ans d’histoire ont laissé des traces visibles dans toute la ville.
1. L’amphithéâtre de Durres est le site le plus spectaculaire. Construit au IIe siècle après J.-C., il pouvait accueillir entre 15 000 et 20 000 spectateurs. Il est partiellement enfoui sous des habitations modernes, ce qui lui donne une atmosphère unique. L’entrée coûte environ 200 ALL (soit environ 1,90 EUR).
2. Les thermes romains, datant du IIe siècle, sont parmi les mieux conservés de la région. Ils se trouvent en plein centre-ville.
3. Les remparts byzantins, construits sous l’empereur Anastase Ier, natif de Durres, longent une partie de la vieille ville.
4. Le musée archéologique de Durres abrite une collection remarquable d’objets grecs, romains et byzantins. Le bâtiment lui-même, construit en 1966, mérite une visite.
5. La tour vénitienne, vestige du passage de Venise à Durres au XIIIe siècle, se dresse près du port.
Depuis 2015, une équipe franco-albanaise mène des fouilles sous la ville moderne. De nouvelles découvertes sont régulièrement annoncées.
| Site | Époque | Entrée (approx.) |
|---|---|---|
| Amphithéâtre | IIe s. apr. J.-C. | ~1,90 EUR |
| Thermes romains | IIe s. apr. J.-C. | inclus dans le pass |
| Musée archéologique | Antiquité (collections) | ~2,00 EUR |
| Remparts byzantins | Ve–VIe s. | accès libre |
| Tour vénitienne | XIIIe s. | accès libre |
Plages à Durres : où se baigner et quelles zones choisir
La côte de Durres offre plusieurs kilomètres de plages de sable. La qualité et l’ambiance varient selon les zones.
La plage centrale de Durres est la plus fréquentée. Elle est animée, avec de nombreux restaurants et transats. Elle convient aux familles qui veulent tout avoir à portée de main.
Plazhi i Ri (la nouvelle plage), au nord, est plus calme et souvent recommandée pour les familles avec enfants.
Golem et Kavajë, au sud, proposent un littoral plus sauvage. La végétation y est plus présente et les prix des hébergements y sont 20 à 30 % moins élevés qu’en centre-ville.
La saison balnéaire dure de mai à mi-octobre. En juillet et août, les plages proches du centre sont très fréquentées. Pour plus de tranquillité, privilégiez juin ou septembre.
À retenir :
- La plage centrale est idéale pour une journée animée et pratique
- Golem et Kavajë offrent plus de calme pour un séjour de plusieurs jours
- La mer Adriatique est accessible dès mai (environ 20 °C en surface)
- Évitez les week-ends de juillet–août si vous cherchez de l’espace
- Les drapeaux de signalement de baignade sont présents sur les plages surveillées
Durres et son port : un carrefour entre l’Albanie et l’Italie
Le port de Durres est le premier port d’Albanie. Il traite la majorité du trafic maritime commercial du pays. Sa position, à environ 200 km de Brindisi, en a fait un pont naturel entre les Balkans et l’Italie pendant des siècles.
Aujourd’hui, des ferries réguliers relient Durres à Bari et Brindisi. La traversée vers Bari dure environ 8 à 9 heures en ferry classique. Des compagnies comme Adria Ferries ou Grimaldi Lines assurent ces liaisons. Les tarifs varient selon la saison, de 40 EUR à 120 EUR par personne (traversée simple, sans véhicule).
Le port accueille aussi des croisières, et la zone autour du quai principal est en cours de réaménagement pour développer le tourisme.
Histoire de Durres : des Grecs et des Romains à l’époque byzantine
Durres est fondée en 627 av. J.-C. par des colons de Corinthe et de Corcyre. Elle s’appelle alors Epidamnos. Aristote la cite comme exemple de tensions politiques internes, tensions qui alimentent le contexte de la guerre du Péloponnèse.
En 229 av. J.-C., les Romains prennent la ville et la renomment Dyrrachium. Elle devient un point stratégique majeur : port d’arrivée depuis Brundisium (Brindisi), et surtout point de départ de la Via Egnatia, grande voie reliant l’Adriatique à Byzance (Constantinople).
En 48 av. J.-C., Pompée installe son camp à Dyrrachium et résiste à Jules César lors de la bataille de Dyrrachium. C’est l’un des épisodes les plus connus de la guerre civile romaine.
La ville devient ensuite capitale de la province de Nova Épirus. Elle subit de violents séismes en 341 et 522, puis des attaques des Ostrogoths. L’empereur Anastase Ier, originaire de Durres, renforce ses défenses. Justinien poursuit ces travaux.
Au IXe siècle, Durres devient capitale d’un thème byzantin. La ville est ensuite disputée entre l’Empire byzantin, la Bulgarie, les Normands de Sicile et l’Empire serbe. En 1081, les Normands battent l’empereur Alexis Ier à Durres. En 1205, Venise y crée un duché.
Durres sous Venise et l’Empire ottoman : déclin puis renaissance commerciale
À partir du XIVe siècle, la population de Durres devient majoritairement albanaise. La ville compte alors environ 25 000 habitants. Les Ottomans arrivent en 1392, mais Venise garde le contrôle jusqu’en 1501.
En 1447, Skanderbeg assiège la ville. Pal Engjëlli, auteur d’un des premiers textes connus en albanais, est archevêque de Durres de 1460 à 1469.
En 1501, le sultan Bayezid II prend la ville et la dévaste. La population fuit massivement. Durres se réduit à un village pendant près d’un siècle.
La ville se redéveloppe au XVIIe siècle comme centre commercial et port de l’Albanie centrale. Son rôle de carrefour reprend progressivement grâce au commerce maritime.
Durres au XXe siècle : capitale, guerres, communisme et années 1990
Le 7 mars 1913, Durres devient capitale de la principauté d’Albanie, statut qu’elle conserve jusqu’en 1920. Pendant la Première Guerre mondiale, la ville passe successivement sous occupation serbe, austro-hongroise et italienne.
Entre les deux guerres, le roi Zog Ier attire des investissements italiens. Après le séisme de 1926, la ville est reconstruite selon un plan plus moderne avec des rues plus larges. La population passe de 4 700 habitants en 1923 à 10 500 en 1938.
En 1939, l’Italie occupe Durres. En 1943, l’Allemagne prend le relais. Le port est détruit en 1944.
Sous le régime communiste, le port est reconstruit et la ville est industrialisée. Le trafic maritime est limité aux pays du Comecon, à Cuba et à la Chine. Les déplacements de la population sont surveillés.
En 1990–1991, Durres est au cœur des manifestations qui font tomber le régime. Des milliers d’Albanais embarquent depuis son port vers l’Italie. En 1997, lors de l’opération Alba, des soldats français sécurisent le port pour permettre l’acheminement de l’aide humanitaire.
Le 26 novembre 2019, un séisme de magnitude 6,4 frappe la région de Durres et fait 51 morts. C’est le tremblement de terre le plus meurtrier en Albanie depuis des décennies.
Climat à Durres : meilleure période pour visiter et températures moyennes
Durres bénéficie d’un climat méditerranéen : étés chauds et secs, hivers doux et humides. La ville est au niveau de la mer, ce qui adoucit les extrêmes thermiques.
| Mois | Température moyenne | Précipitations | Conseil |
|---|---|---|---|
| Janvier | ~9 °C | élevées | peu recommandé |
| Février | ~14 °C | modérées | visites culturelles |
| Mai | ~20 °C | faibles | idéal hors saison |
| Juillet | ~28 °C | très faibles | haute saison balnéaire |
| Août | ~26 °C | très faibles | haute saison, foule |
| Septembre | ~23 °C | faibles | excellent compromis |
| Octobre | ~18 °C | modérées | dernières baignades |
La meilleure période pour visiter Durres est mai–juin ou septembre–octobre. Les températures restent agréables, les plages sont moins bondées et les prix des hébergements baissent de 25 à 40 % par rapport au pic de juillet–août.
Comment aller à Durres : depuis Tirana, l’aéroport et les liaisons maritimes
Depuis Tirana : des furgons (minibus collectifs) relient régulièrement les deux villes pour environ 150 ALL (1,40 EUR). Le trajet dure 45 à 60 minutes selon le trafic. Des bus confortables existent aussi.
Depuis l’aéroport de Tirana (TIA) : comptez environ 45 minutes en taxi (35–50 EUR) ou en combinant navette aéroport + furgon depuis Tirana.
Depuis l’Italie : les ferries partent de Bari et Brindisi. La traversée dure 8 à 9 heures. Tarifs indicatifs : 40–120 EUR par personne (simple, sans véhicule, selon la saison et la compagnie).
Où dormir à Durres : quartiers, types d’hébergements et conseils pratiques
Le centre-ville et le front de mer sont les zones les plus pratiques. On y trouve des hôtels 3 et 4 étoiles entre 40 et 90 EUR la nuit en haute saison. Les appartements en location courte durée (type Airbnb) descendent à 25–50 EUR.
La zone de Golem, au sud, est idéale pour les familles cherchant plus de calme. Les prix y sont 20 à 30 % inférieurs à ceux du centre.
Pour les voyageurs à petit budget, des guesthouses familiales proposent des nuits à partir de 18–25 EUR, souvent avec petit-déjeuner inclus.
À retenir :
- Réservez en avance pour juillet–août (forte demande)
- Le front de mer est pratique mais bruyant en saison
- Golem est le meilleur rapport calme/prix pour les séjours de plusieurs nuits
- Les appartements meublés sont souvent plus économiques pour les séjours de 3 nuits et plus
- Vérifiez la proximité de la plage : certains hébergements "vue mer" sont en réalité à 15–20 minutes à pied
Conseils pratiques pour visiter Durres : sécurité, déplacements et budget
Sécurité : Durres est une ville sûre pour les voyageurs. Comme dans toute ville touristique, la vigilance habituelle sur les pickpockets s’applique sur le front de mer en été.
Déplacements : la ville se parcourt facilement à pied dans le centre. Des taxis sont disponibles partout. Le tarif d’une course courte est de 300 à 600 ALL (2,80 à 5,60 EUR). Négociez le prix avant de monter.
Budget journalier indicatif :
| Profil | Budget/jour (EUR) |
|---|---|
| Petit budget (guesthouse, resto local) | 30–50 |
| Budget moyen (hôtel 3*, restos variés) | 60–90 |
| Confort (hôtel 4*, activités) | 100–150 |
Monnaie : le lek albanais (ALL). 1 EUR = environ 107–109 ALL (taux indicatif, à vérifier avant le départ). Les distributeurs sont nombreux en centre-ville.
Langue : l’albanais est la langue officielle. L’anglais est compris dans la plupart des hôtels et restaurants touristiques. L’italien est souvent parlé, héritage des liens historiques avec la péninsule.
Sources utilisées : Wikipedia – Durrës (version française et anglaise), site officiel de la ville durres.gov.al, données démographiques INSTAT Albanie 2023, tarifs ferries Adria Ferries et Grimaldi Lines, données climatiques Meteoblue et Climate-Data.org.

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